Le regard sur la vie

La vie avant le je — révélation par la danse

C’est extrêmement difficile pour moi de trouver les mots justes pour te partager cette expérience mystique bouleversante où j’ai sangloté d’extase pendant plusieurs minutes. Des larmes de beauté. Des larmes de gratitude pour la Vie. Des larmes de surprise pour cette sensation intense d’être. A la fois simple, à la fois magnifique. Des larmes d’une paix profonde depuis la nuit des temps. J’en ai tellement pleuré que j’ai eu des courbatures aux côtes après.

Oui, j’ai pleuré en gros sanglots comme sur cette photo d’une championne touchée par la beauté de la réalité merveilleuse.

J’ai trouvé cette définition pour “expérience mystique” : Le terme relève principalement du domaine spirituel, et sert à qualifier ou à désigner des expériences intérieures de l’ordre du contact ou de la communication avec une réalité transcendante non discernable par le sens commun. Cela correspond à 80% de mon vécu. Sauf que les 20% de différence font la différence.

Ce n’était pas du tout une réalité transcendante. Au contraire, la réalité était tout ce qu’il y avait de plus simple. Un exercice de bras qui bougent, de jambes qui bougent, un corps qui respire.

Et pour la première fois, j’ai entendu cette respiration du corps. Une respiration naturelle qui n’avait pas besoin du “je” qui respire. J’ai entendu le commencement, le début de cette respiration, de cette vie précieuse qui murmurait doucement en moi. Le choc était de croire qu’il fallait que “je” respire pour respirer. Croire qu’il fallait que “je” bouge pour bouger. Croire que “je” devais vivre pour vivre. En fait : non ! Il y a de la vie en moi, qui se vit avant que le “je” n’apparaisse.

La révélation !

Voir la réalité sans filtre, ou du moins avec beaucoup moins de filtres donnait une perspective complètement différente du monde. Les mêmes personnes, les mêmes événements mais un ressenti … Waouh. En écrivant ces mots, l’émotion me revient. La beauté de la vie. La beauté de la vie telle qu’elle est : sans pensées, sans jugements, sans attentes. Rien à corriger ou à rectifier. Rien de travers. Tout est parfait. Cela n’empêche pas la peine parfois, la colère ou autres sensations difficiles de l’humain.

Mais dans un accueil de ce qui est. C’est percevoir le monde du ciel. Prendre de la hauteur. Les mêmes arbres, les mêmes rues, les mêmes maisons, les mêmes gens mais de haut : ça change tout.

Tu sais quand tu t’émerveilles pour un paysage parce que tu le vois d’en haut. Que ce soit du haut d’une colline ou d’un immeuble, les choses n’ont pas bougé de place, n’ont pas changé de couleur mais quel sentiment d’espace, d’accueil de ce paysage dans lequel tu faisais parti tout à l’heure. C’est cette vision de la réalité dans sa globalité et en même temps complètement nue que nous essayerons ensemble de découvrir ou redécouvrir dans les ateliers de “La Danse du Merveilleux”.

Cet atelier n’est pas pour les personnes qui veulent venir se défouler, expulser leur colère, se départir de leur tristesse. Cet atelier n’est pas pour ceux qui veulent s’éloigner de leur ombre.

Théoriquement, c’est possible de fuir son ombre si on court assez vite. Il faut courir à la vitesse de la lumière. Mais c’est fatigant. Au bout d’un moment, on ralentit et on se fait attraper par l’ombre. On se repose. On se recharge et on repart pour plus vite. On arrive encore à fuir, encore et encore mais toujours on se fait rattraper encore, encore, encore et encore.

Ici, au contraire, nous laissons cette ombre tranquille. Nous dansons avec comme si c’était un partenaire… Parce qu’en réalité, c’est un partenaire. Cette ombre que j’essaie de quitter reste toujours là. Près de moi. C’est la peine dans mon cœur. C’est de la colère dans mon cœur. C’est du désespoir dans mon cœur. Attends un peu … Attends … Elle est où déjà cette ombre ? Dans mon cœur ???!!! A l’intérieur de moi et j’essaie de l’arracher ?! Non !!! Si elle est dans mon cœur, là où est le siège de l’amour, c’est peut-être qu’elle exprime de l’amour d’une façon que je n’arrive pas encore à accueillir. C’est l’Amour qui veut grandir en moi. C’est l’Amour qui veut me rattraper malgré mes courses effrénées.

Ici on va danser avec les ombres parce que c’est la réalité. On va danser avec la réalité simple. On va danser aussi avec l’imaginaire qui est tout aussi réel que notre réel est imaginaire.

En tout cas, c’est ma proposition pour toi : l’opportunité de danser avec le réel simple et nu. C’est ça le merveilleux que j’ai découvert dans cette danse mystique. Le merveilleux n’est pas dans la qualité de ce qui est là mais dans la qualité d’être en lien avec ce qui est là.

Un temps de dépôt pour l’esprit et pour le corps.

Il n’y aura pas une longue playlist pour venir danser dessus comme d’autres pratiques libres. Il n’y aura pas de guidance musicale. Tout au contraire, la musique ne transportera pas mais sera là pour porter ce qui est déjà là.

Ici, il s’agit dans un premier temps de revenir à soi. Par des techniques de mouvement de différentes traditions allant du yoga cachemirien au zen vietnamien ou par des pratiques de transmutations des blessures telles que les constellations familiales, Ho’oponopono, …

Dans un deuxième temps, une danse libre, une danse de la vie, en lien avec soi, avec les autres et avec le monde. Une danse qui vient de l’être, qui apparaît comme un murmure, comme un chuchotement dans la brise si subtile que seule la musique du silence pourrait la respecter et l’accompagner.

Dans un troisième temps, suivant l’inspiration, suivant ce qui est présent, éventuellement une ou plusieurs musiques pour soutenir l’expression du vivant de l’instant.

Toucher la conscience de faire partie d’un tout plus vaste que soi en acceptant de ne jamais pouvoir le voir dans son ensemble. Juste le sentir. Juste le ressentir et se laisser toucher. Peut-être se laisser troubler, émouvoir, ébranler voire même bouleverser par la beauté du réel dans sa simplicité.

Peut-être te poses-tu la question :

Mais alors Duy, est-ce que je vais danser ? Est-ce que je vais exprimer ma danse dans cet atelier ?

Peut-être que oui, peut-être que non. Mon but n’est pas que tu danses et que tu t’exprimes dans ta danse.

Mon but, c’est que tu te laisses danser. Que tu laisses la danse de l’Univers s’exprimer en toi. Que tu perçois l’Univers s’exprimer à travers toi et les autres danseurs. C’est une scène. C’est la scène cosmique de l’Être.

A l’échelle de mon corps, je bouge des bras, des jambes, la tête, bref différentes parties du corps.

A l’échelle de l’Univers, il bouge des Pierre, des Paul, des Sophies, des Caroline, bref différentes parties du corps de la Vie.

Simplicité - Clarté - Émerveillement