Le corps qui dit vrai
Qui ne comprend pas qui ?
D’après mes échanges, une difficulté majeure pour les personnes qui aspirent à une sexualité authentique et sensible est la communication. Beaucoup n’arrivent pas à dire réellement ce qu’elles aiment ou non dans la sexualité. Sans compter le fait qu’on peut aimer une position à un moment et que cela devienne désagréable cinq minutes après.
Il y a un mythe sur la communication dans les conseils sur la sexualité. On y parle de “manque de communication” comme s’il ne s’agissait que de quantité. Évidemment il y a des choses qui ne sont pas dites et qui mériteraient de l’être. C’est du “pas dit”. Mais dans la communication il y a aussi de la qualité. Notamment il y a du “non dit”, ce n’est pas dit directement mais on le sous-entend. Il y a du “mal dit”, ce qui est formulé de manière floue et équivoque. Il y a du “sur dit”, parce que le fait de trop dire signifie aussi quelque chose.
Mais au-delà des mots, le ton, le rythme, la gestuelle qui vont exprimer nos blessures, nos attentes, nos peurs, nos frustrations, nos reproches vont aussi influer grandement.
Non, la communication n’est pas du tout une chose facile dans la sexualité où il y a tant d’enjeux émotionnels. C’est pour cela que dans mon coaching, c’est un des quatre piliers du processus de l’accompagnement. Mon expérience de formateur en communication interpersonnelle et prise de parole en public y est sûrement pour quelque chose. En tout cas, cela me permet d’amener des outils de communications efficaces pour aborder la sexualité dans la confiance et la sérénité.
Je vois tellement de personnes qui ont fait des stages sur la sexualité, qui y vivent de belles expériences mais qui n’arrivent pas à trouver, en dehors des stages, des partenaires qui leur conviennent. Parce que le problème n’est pas un problème de communication. C’est un problème d’éducation. Oui, il s’agit d’enseigner à notre partenaire de nouvelles connaissances, de nouveaux concepts, notre monde, notre fonctionnement, notre corps, notre plaisir. Pour cela on a besoin de pédagogie. Je ne vais pas parler de tous les outils de communication mais voici déjà deux choses qui sont des évidences qu’il est bon de se rappeler.
Une bonne pédagogie demande d’abord de la patience et de la répétition. Si on n’est pas vigilant à cela, on va tout droit à la déception, la frustration et la résistance de l’autre. Imaginez la catastrophe que serait un maître d’école qui n’a pas de patience et qui trouve qu’on ne devrait pas avoir besoin de répéter les choses pour que ses élèves mémorisent.
Après, avec une bonne méthode d’enseignement, on peut apprendre à des enfants de fin maternelle la lire, à compter et faire les opérations d’addition, soustraction, multiplication et division avec reste. Oui, c’est possible avec de bonnes méthodes d’être beaucoup plus efficace dans l’éducation.
De la même façon, parfois la difficulté n’est pas de dire les choses mais d’arriver à les formuler pour que cela ait un impact réel sur son partenaire. Donc au lieu de me dire que ma partenaire ne me comprend pas, je me dis que c’est moi qui ne comprends pas suffisamment ma partenaire pour arriver à lui faire comprendre ce qui se passe dans ma tête, dans mon cœur et dans mon corps.
